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Comprendre le REER et le CELI pour votre retraite : Le Guide Stratégique 2026

Optimisation Fiscale au Canada : L'Importance des Abris Fiscaux

Naviguer dans le système fiscal canadien en 2026 exige une compréhension fine des outils mis à la disposition des épargnants. Deux piliers dominent la planification financière au pays : le Régime enregistré d'épargne-retraite (REER) et le Compte d'épargne libre d'impôt (CELI). Bien que ces deux comptes soient conçus pour encourager l'épargne à long terme, ils fonctionnent sur des principes fiscaux diamétralement opposés. Le choix entre l'un ou l'autre, ou l'utilisation stratégique des deux, peut faire une différence de plusieurs centaines de milliers de dollars au moment de la retraite. Dans un contexte de coût de la vie élevé, maximiser chaque dollar investi n'est plus une option, mais une nécessité pour assurer sa sécurité financière future.

Le REER : Levier de Réduction d'Impôt Immédiat

Le REER reste l'outil de prédilection pour les travailleurs canadiens ayant un revenu intermédiaire ou élevé. Son principal avantage réside dans la déductibilité des cotisations. En termes simples, chaque dollar que vous déposez dans votre REER est déduit de votre revenu imposable de l'année en cours. Si vous vous situez dans une tranche d'imposition élevée, cela peut générer un remboursement d'impôt substantiel, que de nombreux experts conseillent de réinvestir immédiatement pour bénéficier de l'intérêt composé. En 2026, avec les nouveaux plafonds de cotisation, le REER permet de reporter l'impôt à une période où, théoriquement, votre revenu sera moindre (à la retraite), vous permettant ainsi de payer globalement moins de taxes à l'État.

Le CELI : La Flexibilité et la Croissance Libre d'Impôt

Introduit pour offrir plus de souplesse, le CELI a gagné en popularité de manière fulgurante. Contrairement au REER, les cotisations au CELI ne sont pas déductibles d'impôt. Cependant, sa magie réside dans la sortie des fonds : tous les gains en capital, les dividendes et les intérêts générés à l'intérieur du compte, ainsi que les retraits, sont totalement exonérés d'impôt. En 2026, alors que la limite de cotisation annuelle a été ajustée pour suivre l'inflation, le CELI est devenu l'outil idéal non seulement pour les projets de courte durée comme l'achat d'une voiture ou une mise de fonds, mais aussi comme complément de retraite. Sa grande force est que l'espace de cotisation libéré par un retrait est récupéré l'année suivante, offrant une liquidité que le REER ne possède pas.

Comparaison Cruciale : Lequel Choisir selon votre Profil ?

Le dilemme entre REER et CELI dépend principalement de votre taux d'imposition actuel par rapport à celui que vous prévoyez avoir à la retraite. Si votre salaire est aujourd'hui au sommet de votre carrière, le REER est souvent imbattable grâce à l'économie d'impôt immédiate. À l'inverse, pour un jeune professionnel en début de carrière ou une personne ayant un revenu plus modeste, le CELI est généralement préférable. Pourquoi ? Parce qu'il est plus judicieux de payer de l'impôt maintenant à un taux faible et de laisser croître l'argent à l'abri du fisc pour toujours. En 2026, de nombreux planificateurs financiers suggèrent une approche hybride : remplir le CELI en priorité, puis utiliser les surplus pour cotiser au REER et réinjecter le remboursement d'impôt dans l'un des deux comptes.

L'Impact sur les Prestations Gouvernementales

Un aspect souvent négligé dans le choix entre ces deux comptes est l'impact sur les prestations gouvernementales futures comme la Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG). Les retraits d'un REER (ou d'un FERR plus tard) sont considérés comme un revenu imposable, ce qui peut déclencher une récupération des prestations de la SV si vos revenus totaux dépassent un certain seuil. Les retraits du CELI, en revanche, n'ont aucun impact sur ces calculs puisqu'ils ne sont pas considérés comme des revenus. En 2026, cette distinction est capitale pour les retraités qui souhaitent optimiser leur flux de trésorerie sans perdre leurs droits aux programmes sociaux canadiens.

Stratégies d'Investissement à l'Intérieur des Comptes

Il est important de rappeler que le REER et le CELI ne sont pas des investissements en soi, mais des « contenants ». À l'intérieur de ces abris fiscaux, vous pouvez détenir une multitude d'actifs : actions, obligations, fonds négociés en bourse (FNB), fonds communs de placement ou certificats de placement garanti (CPG). En 2026, la tendance est à la diversification internationale. Toutefois, une règle fiscale demeure : les dividendes d'actions américaines détenues dans un CELI sont soumis à une retenue d'impôt à la source par les États-Unis, alors qu'ils en sont exonérés dans un REER grâce aux traités fiscaux. Cette subtilité technique montre que la répartition d'actifs (asset location) est tout aussi importante que la répartition des classes d'actifs (asset allocation).

Conclusion : Planifier aujourd'hui pour Récolter demain

En conclusion, le REER et le CELI sont les deux faces d'une même pièce visant la liberté financière. En 2026, le paysage économique canadien reste complexe, mais ces outils offrent des boucliers solides contre l'érosion fiscale. Le REER demeure le champion du report d'impôt pour les hauts revenus, tandis que le CELI s'impose par sa flexibilité et son immunité fiscale totale sur les gains. La meilleure stratégie reste l'éducation continue et, idéalement, une consultation avec un conseiller financier pour aligner ces outils avec vos objectifs de vie personnels. En prenant des décisions éclairées aujourd'hui, vous vous assurez une retraite confortable et sereine, à l'abri des imprévus du marché et des pressions fiscales.